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CréaWatt solaire souple, en redressement judiciaire : quels enjeux pour le marché en 2025 ?

CréaWatt, l’un des acteurs phares du solaire innovant en France, a été placé en redressement judiciaire le 16 juillet 2025 par le tribunal de commerce d’Orléans. Spécialisée dans la fabrication de panneaux solaires souples ultra-légers — adaptés aux toitures fragiles et primés pour leur innovation — la société basée à Amilly (Loiret) avait montré de grandes ambitions en 2023, avec une augmentation de capital spectaculaire afin d’industrialiser sa production et relocaliser une partie de ses activités en France.

Malgré un marché du photovoltaïque en pleine croissance et des objectifs nationaux ambitieux, CréaWatt a été frappée par la baisse des commandes depuis l’automne 2024, des difficultés à honorer ses salaires et les conséquences d’une concurrence asiatique féroce, qui a déjà fait d’autres victimes parmi les producteurs français. Le projet d’extension industrielle, pourtant associé à de la R&D et au développement d’une gamme de panneaux Luxsiol adaptés aux contraintes françaises, a souffert d’obstacles techniques et financiers. 

La décision du tribunal sera rendue après une audience prévue le 3 septembre 2025, et l’entrée potentielle d’un nouvel investisseur reste en suspens pour espérer un plan de redressement viable. Ce dossier illustre la fragilité de la filière solaire « made in France » face aux logiques de marché mondialisé, mais aussi la nécessité de continuer à innover pour offrir des solutions adaptées aux nouveaux usages : toitures industrielles, bâtiments résidentiels, autoconsommation et réduction de l’empreinte carbone. L’affaire CréaWatt pose ainsi la question cruciale de la souveraineté énergétique et du soutien politique indispensable pour pérenniser une industrie locale du photovoltaïque en France.

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CréaWatt : le redressement judiciaire d’un pionnier du solaire souple en France

Un acteur symbole d’innovation et de relocalisation

Créée en 2020, CréaWatt avait pour ambition de démocratiser le solaire en France par des panneaux souples ultra-légers (3,2 kg/m²), co-développés avec Sunman, le leader chinois du solaire souple, et primés pour leur faculté à s’installer sur des toitures fragiles, dont le zinc, sans renforcements coûteux. 
Le projet Luxsiol, produit phare de la marque, a rapidement séduit les installateurs et utilisateurs, avec plus de 53,000 panneaux posés sur divers bâtiments industriels, commerciaux et résidentiels à travers la France.

Parallèlement à la montée du marché de l’autoconsommation et des obligations réglementaires en matière d’équipements photovoltaïques sur toitures, le pari de « l’innovation made in France » occupait une place stratégique : CréaWatt prévoyait une capacité de production annuelle de 500 MWc dans son usine d’Amilly d’ici 2025, couplée à un plan ambitieux de R&D et de recyclage des panneaux en fin de vie.

Des difficultés sur fond de concurrence internationale

Malgré un marché porteur – la France a franchi le cap du million d’installations solaires au second semestre 2024, soutenue par une rentabilité accrue et le développement de l’autoconsommation – le contexte demeure très concurrentiel. Près de 90% des panneaux installés en France restent aujourd’hui importés d’Asie, défiant la compétitivité locale à cause du dumping et des économies d’échelle chinoises.

L’année 2025 a vu d’autres industriels majeurs comme Systovi et Photowatt cesser leur activité face à la pression asiatique, soulignant la fragilité du tissu industriel français. Pour CréaWatt, les difficultés se sont traduites par une baisse de la demande à partir de l’automne 2024, l’impossibilité de régler certains salaires en 2025, et un besoin urgent de nouveaux partenaires financiers pour soutenir un plan de redressement.

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Un marché du solaire en mutation : opportunités et défis

Les obligations et tendances pour 2025

La loi Climat impose désormais l’intégration systématique de panneaux photovoltaïques sur les toitures neuves ou rénovées dès 2025, ce qui dope le marché, notamment pour les segments industriels et tertiaires. Parallèlement, l’autoconsommation séduit de plus en plus de particuliers désireux de réduire leur facture d’électricité et d’augmenter leur autonomie face à l’augmentation du coût de l’énergie.

Innovation technique, adaptation locale

La solution flexible proposée par CréaWatt répondait parfaitement à la problématique française des toitures non renforcées :

  • Installation rapide grâce au système breveté EasyGrip,
  • Durabilité prouvée (garantie 20 ans),
  • Résistance aux vents extrêmes,
  • Recyclabilité intégrée grâce à l’adhésion à Soren, l’éco-organisme national du secteur.

Quelles perspectives pour le solaire « made in France » ?

L’avenir de CréaWatt demeure incertain jusqu’à l’audience du 3 septembre 2025. Une recapitalisation permettrait à l’entreprise de poursuivre son redressement, à condition qu’un plan industriel solide soit accepté par le tribunal et de nouveaux investisseurs. Mais au-delà du cas CréaWatt, c’est un signal d’alerte pour l’industrie du photovoltaïque français : 

  • La nécessité de politiques de soutien et d’investissement face à la domination asiatique,
  • L’impératif d’innovation,
  • La place stratégique des solutions adaptées au bâti français et à la sobriété carbone.

La situation de CréaWatt illustre les défis du secteur solaire en France : entre innovation, souveraineté industrielle et concurrence internationale exacerbée. Pour que la transition énergétique réussisse, il est crucial de soutenir les acteurs locaux, d’encourager l’adoption de technologies adaptées et durables, et de renforcer l’écosystème industriel français autour du solaire.

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